Tenir le cap dans le mouvement

Il y a des années qui s'écoulent, et des années qui marquent. 2025 appartient à la seconde catégorie — non pas parce qu'elle a été spectaculaire, mais parce qu'elle nous a demandé d'être, simultanément, dans l'action et dans la réflexion.

Pour moi, le rôle d’une direction n’est pas seulement de gérer ce qui existe. C’est aussi de veiller à ce que l’organisation reste en phase avec sa mission — en anticipant, en questionnant, en ajustant. 2025 a été une année où nous avons délibérément pris le temps de penser les centres de conseil et d’accompagnement de demain. Ce travail n’est pas terminé. Il ne doit pas l’être. L’enjeu est précisément d’inscrire cette posture réflexive dans la durée, d’en faire une pratique dynamique et non un exercice ponctuel figé. Les besoins évoluent, les profils des personnes concernées se diversifient, les connaissances progressent : rester pertinent exige que nous restions en vigilance active, que nous sachions faire preuve d’agilité.

Dans cette même logique d’adaptation, nous avons franchi une étape importante avec l’intégration du modèle du rétablissement dans nos accompagnements. Après les formations, après les ajustements de posture, vient maintenant le moment de l’engagement d’un pair-praticien. Ce n’est pas un acte symbolique. C’est la reconnaissance tangible que l’expérience vécue a une valeur propre et une expertise unique, qu’elle enrichit les équipes et qu’elle transforme concrètement la relation d’accompagnement. C’est la pièce maîtresse qui manquait pour donner tout son sens à notre processus.

Pour le secteur résidentiel, 2025 restera l’année du transfert de FXB vers la Villa Flora. J’étais là le jour du déménagement. Pour certains, c’était de la joie — un cadre neuf, plus confortable, plus adapté. Pour d’autres, de la nostalgie — le poids d’une histoire, d’un lieu qui avait compté. Ces deux réalités coexistaient ce jour-là, et il fallait les tenir ensemble. C’est ce que l’équipe a fait, avec justesse. La fin d’une ère, mais aussi l’ouverture d’un nouveau chapitre.

Je veux nommer séparément ce que via Gampel a traversé. Le drame de Blatten a mis notre centre en état d’évacuation durant plusieurs semaines. C’est une situation que l’on ne peut pas anticiper pleinement, une pression qui s’installe dans la durée et qui teste les individus autant que les collectifs. Les équipes et les personnes accompagnées ont tenu, ensemble, dans un contexte profondément insécure, elles ont su faire preuve de résilience.

En dehors de ces moments forts, la vie institutionnelle a continué selon un rythme toujours soutenu, garantissant la qualité et la continuité des prestations. Le Centre de Jour s’est installé dans ses nouveaux locaux avec une belle capacité d’adaptation. Le SSED poursuit son développement. Ces deux entités progressent, et c’est un signe de véritable santé organisationnelle.

Merci à l’ensemble de nos partenaires pour la qualité de la collaboration qui nous lie. Merci à l’ensemble des collaboratrices et collaborateurs d’Addiction Valais : votre engagement est la colonne vertébrale de cette institution. Merci enfin au Conseil de Fondation pour sa confiance et son soutien dans les décisions qui comptent. 2026 exigera de nous la même chose que 2025 : de la rigueur, de l’humilité, et la volonté de rester en mouvement.

Thomas Urben
Directeur

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